UIOM de Gien : Tiru s'explique et s'engage à ne redémarrer la ligne 2 qu'après autorisation de la DRIRE
Suite à une mesure de dioxines très élevée, la Cideme, filiale du groupe Tiru a décidé d'arrêter la ligne 2 de l'usine d'incinération d'Arrabloy. Le groupe Tiru qui a toujours été un opérateur exemplaire en matière de gestion des déchets, ne redémarrera la ligne 2 qu'après autorisation de la DRIRE...
Le groupe Tiru, contrôlé à 51% par EDF, est un des premiers opérateurs européens en matière de gestion des déchets. Avec un chiffre d'affaires annuel de 222 M€ en 2004, il compte plus de 1300 salariés répartis sur 30 sites. Il se doit de maintenir le caractère exemplaire de son activité. A ce titre, il vient de diffuser un communiqué concernant la chronologie de l'incident et l'historique de cette unité de traitement thermique.
Lire le communiqué de Tiru sur l'historique des dysfonctionnements de l'usine UIOM de Gien
Dès l'arrêt de la ligne 2, Tiru a réalisé une expertise approfondie. "Les conclusions de l'expertise ont débouché sur des modifications des installations et des paramètres de réglage. Une injection provisoire de charbon actif a aussi été installée.
Une mesure début avril, effectuée sur la ligne 2, a donné un résultat de 0,46 ng/m3, résultat satisfaisant sachant que l’usine n’est pas encore équipée des installations définitives qui permettront de respecter la nouvelle réglementation du 28 décembre 2005."
En parallèle, les analyses des retombées des métaux, dioxines et furannes dans un périmêtre autour de l'usine d'un rayon inférieur à 5 kms ont relevé des valeurs d'émissions nettement inférieures aux limites fixées par la législation européenne.
Les ferrailles contenues dans les déchets seraient la cause du pic de dioxines . Pour remédier à ce type de pollution, et compte tenu de la sensibilité de la technologie du lit fluidisé, on travaille sur la granulométrie et la nature des déchets à incinérer . On va exclure dans un premier temps les déchets hospitaliers, les déchets industriels banaux.
Des analyses environnementales normales depuis le démarrage Depuis la mise en service de l’usine de GIEN, un contrôle annuel par un organisme indépendant a été réalisé sur les dioxines et furannes. Les valeurs mesurées depuis 2000 variaient entre 4.7 ng/m3 et 26 ng /m3. La préfecture a demandé une campagne de suivi dans l’environnement, sur les retombées des métaux, dioxines et furannes ainsi qu’un suivi sur les élevages aux alentours. Le rapport sur les retombées porte sur la période du 15 mars au 15 avril 2004 et a été réalisé sur 8 points autour de l’usine dans un rayon inférieur à 5 kms. Les résultats obtenus n’appellent pas de remarque particulière (0.003 à 0.029 ng/m2 sur 31 jours soit 0,097 à 0,94 pg/m2/j). Ces valeurs sont en dessous des valeurs typiques de dépôt en milieu rural. Le suivi dans le lait des vaches sur 7 élevages autour de l’usine de GIEN réalisé au mois de juillet 2004 donne des valeurs entre 0.29 et 1.2 pg/g de matière grasse. Ceci n’appelle pas de remarque particulière sachant que la réglementation européenne a fixé les valeurs suivantes : 3 pg/gm.g. : seuil de retrait et 2 pg/gm.g. : seuil d'alerte. Avril 2005 : retour à des résultats satisfaisants. La contre-mesure, connue début janvier 2005, s'est avérée être plus élevée que celle d'août. La ligne 2 a alors été arrêtée immédiatement de façon à procéder à une expertise approfondie. Début avril, la ligne est redémarrée le temps de faire une mesure pour vérifier l’effet des modifications sur les rejets gazeux. Elle est arrêtée immédiatement après. Cette mesure a donné un résultat de 0,46 ng/m3 de dioxines en sortie cheminée. Ce résultat est satisfaisant car l’usine n’est pas encore équipée des installations définitives permettant de respecter la nouvelle réglementation du 28 décembre 2005. En parallèle, ont été réalisées de nouvelles mesures dans le lait de vaches d'élevages situés autour de l'usine. Les ferrailles contenues dans les déchets probablement à l’origine du pic de dioxines A des phases de combustion intense succèdent des phases de faible combustion. Durant ces phases, la teneur en monoxyde de carbone varie de façon importante. C’est un signe de dérèglement de la combustion. Ce qui expliquerait les teneurs en dioxine anormalement élevées en sortie de cheminée, 30ng/Nm3, alors que pour des technologies plus éprouvées (four à grilles par exemple), les valeurs dépassent rarement les 10ng/Nm3. Le four 2 a été arrêté et la recherche des différences par rapport au four 1 est en cours. A ce jour, il a été constaté une différence importante concernant la qualité du sable du lit. Celui du four 2 contient beaucoup de fils de fer. Le lit n’est donc pas homogène ce qui peut empêcher une bonne combustion. Le sable a été purgé. En ce qui concerne l’hétérogénéité trop importante du déchet, il est décidé temporairement de ne plus incinérer de DIB et de DH qui, par nature, introduisent des variations de densité et de pouvoir calorifique. Si des avancées significatives sont obtenues sur la régularité de l’alimentation avec des OM seules, des essais seront faits de réintroduction progressive de DIB et de DH. Explication des dépassements des seuils de HCL et CO Le résultat de décembre sur le HCl de la ligne 2 reste au-dessus du seuil (50 mg/Nm). L’application à la ligne 2 des améliorations sur la ligne 1 auront pour effet de baisser le débit de fumées et donc de permettre un meilleur fonctionnement du traitement des fumées. Des améliorations également sur le fonctionnement des filtres à manches devraient permettre de respecter le seuil de HCl sur le four 2. La ligne 2 ne sera redémarrée qu’après autorisation de la DRIRE |